[Test] : Beacon powered by Dijit de Griffin

Nos téléphones portables font de plus en plus de choses… En une petite vingtaine d’années, ces appareils qui ne savaient que téléphoner (et encore fallait-il trouver une zone de couverture) ont progressé à tel point que l’on dit souvent que la seule chose que nos smartphones ne savent pas encore faire est le café…

SMS, WAP, puis Internet ont en effet augmenté de façon considérable les fonctionnalités disponibles sur ces petits appareils sans lesquels nous ne sortons plus.

Pourtant, une fonctionnalité manque à la quasi-totalité des smartphones d’aujourd’hui, c’est la faculté de remplacer les télécommandes qui envahissent nos tables de salon.

En effet, aussi curieux que cela puisse paraître, rares sont les appareils qui disposent d’un port infra-rouge, indispensable pour diriger la plupart de nos télévisions, magnétoscopes, set-top boxes, lecteurs Blu-ray et autres amplis vidéo.

C’est pourquoi nous avons testé le Beacon powered by dijit de Griffin. Ce petit boitier alimenté par 4 piles LR06 vous fera ranger toutes vos télécommandes au placard. En effet, relié en  Bluetooth à votre smartphone préféré, il transformera les commandes qui lui seront transmises en signaux infrarouges reconnus par vos différents appareils.

Mais avant de voir en situation comment ce « galet » en plastique se comporte, commençons par un petit tour du propriétaire.

Dans la boite en carton, vous trouverez le beacon avec les 4 piles dont il a besoin pour fonctionner et une notice succincte vous expliquant comment l’appairer avec votre smartphone. Sous le beacon, vous trouverez 2 pictogrammes vous permettant de savoir comment placer le boitier pour qu’il puisse diriger vos appareils sans difficulté. C’est également par là que vous pourrez insérer les piles fournies. L’utilisation de piles vous permettra de placer le boitier là où bon vous semble, sans vous soucier de trouver une prise de courant à proximité et sans avoir de fils disgracieux qui se baladent au milieu de votre pièce à vivre.

Une fois les piles mises en place, il vous suffira de placer le beacon de manière à ce qu’il soit visible de tous les appareils qu’il va devoir diriger. Griffin indique une portée d’environ 9 mètres, ce qui laisse de la marge pour placer le boitier d’autant qu’il dispose, comme vous pouvez le voir sur la photo suivante de 3 diodes pour transmettre les signaux infrarouges, ce qui lui offre un champ d’action très large.

Une fois que vous aurez réussi à faire communiquer votre smartphone avec le beacon (nous y reviendrons plus tard), vous aurez une télécommande capable de diriger presque tous les dispositifs existants. Vous allez nous dire : pourquoi « presque » ? Tout simplement parce que le beacon transforme le signal Bluetooth que votre smartphone lui transmet en signal Infrarouge. Et malheureusement, quelques dispositifs, même s’ils sont rares, ne disposent pas de port infrarouge. C’est le cas par exemple de la Playstation 3 qui utilise le Bluetooth ou encore de la solution de streaming audio Logitech squeezebox duet qui se sert du wifi. Si une application android existe pour combler le manque avec la squeezebox, la Playstation 3 ne dispose pas (à notre connaissance) d’application permettant de la diriger depuis un androphone.

Pour diriger un appareil avec le beacon, il faudra donc qu’il soit compatible avec la norme infrarouge (IR). C’est tout de même le cas de la très grande majorité des appareils commandés à distance.

L’application compagnon du beacon, nommée dijit, est disponible et gratuite sur le Play store. Une fois installée sur votre smartphone, vous disposerez d’une base de plus de 200 000 appareils différents qui simplifieront la phase de configuration.

Lors du premier lancement, le système vous demandera si vous avez une télévision, un démodulateur satellite ou une box ADSL et un ampli. A chaque fois que vous répondrez oui, le système vous proposera une très longue liste de marques d’appareils. Une fois la bonne marque choisie, vous aurez le choix entre un assistant ou une liste d’appareils numérotés. Quelle que soit la méthode choisie, le principe consiste à essayer d’allumer ou éteindre le dispositif. Dès que cela fonctionne, le système sait comment diriger votre matériel.

Une fois ce premier paramétrage effectué, vous pourrez bien sûr ajouter d’autres appareils comme une chaine hifi, un lecteur DVD, un magnétoscope…

Si vous avez paramétré un système composé d’une télévision, d’une box ADSL et d’un ampli, l’application vous proposera une activité pour regarder la télévision. Lorsque vous changerez de chaîne, c’est la box que vous dirigerez, si vous souhaitez changer le volume, c’est l’ampli qui sera actionné. Et d’un simple appui sur le bouton marche/arrêt, ce sont vos 3 dispositifs qui seront mis en route ou éteints.

Chaque télécommande a son graphisme propre et si votre appareil doit disposer de beaucoup de boutons différents (comme un ampli par exemple), les boutons seront répartis sur plusieurs écrans.

Vous remarquerez une sorte de touchpad au milieu des commandes de la télévision et de la box, ce système permet de remplacer avantageusement les croix directionnelles souvent composées de quatre boutons plus un central. En effet, un appui court sur une zone particulière aura le même effet que si vous appuyez sur le bouton de la télécommande d’origine, mais si vous faites glisser votre doigt sur la zone, cela permettra de naviguer beaucoup plus rapidement dans une liste de chaines ou d’options. Si vous n’arrivez pas à vous faire à ce système, vous verrez dans la suite du test qu’il vous sera possible de remplacer ce touchpad.

Pour gagner de la place sur les écrans des télécommandes, les boutons numériques sont regroupés en un seul qui fait apparaître une pop-up pour pouvoir sélectionner le bon numéro de canal. Le système gère bien évidemment les appuis longs vous permettant de sélectionner des numéros de chaînes supérieurs à 9.

Si toutefois votre appareil ne se trouvait pas dans la liste (ce qui est assez peu probable), vous aurez la possibilité de faire « apprendre » les signaux de votre dispositif au système. Pour cela rien de plus simple, il faut aller dans le menu « learn » de l’application dijit et vous munir de votre télécommande d’origine. Vous aurez à appuyer sur chacun des boutons de votre télécommande en la dirigeant vers l’arrière du beacon pour que celui-ci soit capable de reproduire le signal en temps voulu. Le système est intuitif et efficace, nous avons été capables de faire apprendre les signaux d’un cadre numérique et même d’un climatiseur mobile.

Comme annoncé un peu plus haut, les boutons des télécommandes peuvent être remplacés par d’autres. En réalité, les écrans sont entièrement paramétrables, vous pouvez déplacer, supprimer, ajouter des boutons n’importe ou sur l’écran, les remplacer par d’autres, créer plusieurs écrans pour les appareils ayant beaucoup de boutons, apprendre de nouvelles fonctions particulières qui ne seraient pas gérées d’origine (sur le même principe que pour un appareil non reconnu au départ). Vous avez même la possibilité d’insérer des boutons propres à un appareil sur la télécommande d’un autre.

Depuis l’application, vous pourrez également surveiller le niveau des piles du beacon, ce qui vous permettra de ne pas être à court, et avec 4 piles à chaque fois, mieux vaut prévoir. Dans ce menu, vous pourrez également choisir d’activer un mode d’économie d’énergie. Dans ce cas, le beacon se déconnectera bien plus souvent du smartphone, ce qui à l’usage ne sera pas forcément pratique mais pourra vous permettre de tenir plus longtemps si vous n’avez plus de piles de rechange dans vos tiroirs. Question autonomie, après une semaine d’utilisation non intensive, le niveau dépassait encore les 75%.

Aux Etats-Unis, l’application dispose d’un guide de programmes électronique (EPG), mais la France n’a pas eu droit à la même faveur, nous n’en parlerons donc pas dans ce test.

L’application permet la création de « pièces » qui permettent à dijit de n’afficher que les appareils d’une pièce en particulier. En fonction de l’endroit ou vous vous trouvez, il vous suffira de le préciser à l’application pour que seuls les appareils présents dans cette pièce apparaissent dans la liste déroulante des appareils disponibles.

Maintenant que nous avons paramétré notre installation, passons à l’utilisation proprement dite. Celle-ci est agréable, fluide, les appareils réagissent au doigt et à l’œil. Même notre Freebox qui a du mal avec son récepteur infrarouge accepte parfaitement de se faire contrôler avec le beacon. Sur ce point, la solution de Griffin fait mieux qu’une Harmony 900 de Logitech. Si nous continuons la comparaison d’un point de vue fonctionnalités, l’harmony 900 se distinguera par ses émetteurs déportés qui permettent de diriger les appareils qui ne sont pas dans le « champ de vision » de l’émetteur. D’un autre côté, l’installation du beacon se fait en 2 secondes (le temps de le poser sur une table) alors qu’il faut passer les fils du système de Logitech avant d’arriver à le faire fonctionner. Les deux systèmes permettent de ne pas avoir à diriger la « télécommande » vers l’appareil que l’on souhaite diriger, ce qui est très pratique.

Afin d’économiser la batterie, le beacon se déconnecte automatiquement du smartphone au bout d’un temps qui est à notre avis trop court pour une utilisation vraiment confortable. En effet, même si la reconnexion est automatique (dans le meilleur des cas), elle génère 5 à 10 secondes de laps de temps avant que le beacon redevienne opérationnel, ce qui peut être agaçant dans certains cas. L’harmony ne connaît pas ce problème (qui pourrait être réglé simplement en proposant à l’utilisateur une durée au bout de laquelle l’appareil se déconnecte automatiquement).

La télécommande de Logitech permet la personnalisation des boutons sur son petit écran tactile (dont l’efficacité est loin derrière un smartphone moderne) en ajoutant des fichiers image, ce qui permet de créer le bouton que l’on souhaite réellement comme le logo d’une chaîne par exemple. Ceci n’est pas (encore) possible avec dijit. Vous pourrez seulement définir de nouveaux boutons que vous nommerez comme bon vous semble et dont vous devrez faire l’apprentissage pour avoir des noms personnalisés. Ceci peut s’avérer pratique pour un ampli au niveau des sources ou au lieu d’avoir « input 1 » « input 2 » et ainsi de suite, vous pourrez choisir « TV » « DVD » « Sat »… Les deux solutions font donc à peu de choses près jeu égal. Le seul point que nous n’avons pas réussi à égaler avec notre beacon est lorsque l’on utilise une Playstation 3 en lecteur Blu-ray. Logitech propose en effet un adaptateur en option qui permet de diriger la console avec sa télécommande. Nous n’avons pas trouvé d’équivalent avec le beacon. Néanmoins la Logitech coûte environ 210 € et avec son adaptateur la note monte à 250 € là ou le beacon est proposé à seulement 64,90 €. A l’inverse, notre smartphone nous permet de diriger notre squeezebox duet (avec une application disponible sur le Play store) là ou l’harmony (pourtant du même constructeur) en est totalement incapable. Dans tous les cas, si vous voulez un système performant avec les raccourcis qui vous intéressent, il vous faudra passer beaucoup de temps à configurer le système, mais croyez-nous, cela en vaut la peine tant le confort des actions personnalisés est appréciable au quotidien…

Vous voulez regarder un Blu-ray ? Avant d’utiliser un tel système, vous deviez allumer la télévision, sélectionner le canal de l’ampli, puis allumer l’ampli sur le canal du lecteur Blu-ray, et enfin allumer le lecteur Blu-ray pour profiter de votre film. En cours de visionnage, vous souhaitiez augmenter le volume ? Pas de problème, il suffisait de prendre la télécommande de l’ampli et d’appuyer sur le bouton en faisant attention de bien diriger la zapette vers l’appareil. Et si vous vouliez revenir 10 secondes en arrière parce que vous n’aviez pas bien entendu une scène, il fallait changer de télécommande, la diriger vers le lecteur Blu-ray et appuyer sur le bouton…

Avec le beacon, pour regarder un Blu-ray, une fois configuré, il suffit de sélectionner l’action « regarder un Blu-ray » puis d’appuyer sur le bouton marche/arrêt et de préciser que vous souhaitez allumer vos appareils… Et hop, la télévision se met sur le bon canal, l’ampli aussi et le lecteur Blu-ray démarre… Vous souhaitez monter le son, il suffit d’appuyer sur l’écran de votre smartphone, reculer de 10 secondes, là encore, il suffit d’appuyer sur un autre bouton du smartphone tout ceci sans vous soucier de diriger votre téléphone vers vos appareils ni de savoir quelle zapette prendre en main…

Cette solution serait donc  merveilleuse si le beacon ne souffrait pas d’un problème qui aujourd’hui nous empêche de vous le conseiller totalement sereinement : l’appairage.

En effet, une fois que vous avez réussi à connecter le beacon au smartphone via l’application dijit, le système fonctionne à merveille. Mais pour y arriver, c’est un peu le parcours du combattant. Nous avons essayé depuis plusieurs appareils et les résultats sont variables. Pour ces tests, nous avons téléchargé la dernière version du firmware du beacon (1.1.2). La solution est censée fonctionner avec n’importe quel smartphone ou tablette équipé d’android 2.3.3 ou supérieur.

Avec un Galaxy Ace, sous Gingerbread 2.3.6, le beacon est tout simplement indétectable par le téléphone, et cela même après un reset data factory. L’appairage ne pouvant se faire que du téléphone vers le beacon, il est tout simplement inutilisable avec ce smartphone.

Avec une Galaxy Tab 8.9 wifi sous Honeycomb 3.2, le beacon se connecte sans aucune difficulté, cerise sur le gâteau, dijit est en français. Lorsque le beacon et la tablette se déconnectent, la reconnexion se fait sans la moindre difficulté.

Avec un Galaxy S2 sous ICS (4.0.3 version XEF), la connexion est beaucoup plus aléatoire. Si l’appairage se fait depuis le panneau de configuration, il vous sera impossible de connecter le beacon depuis dijit. Il faudra le dissocier avant de le réappairer directement depuis l’application. De plus, en cas de déconnexion, il sera impossible de reconnecter le beacon au téléphone, obligeant à dissocier les appareils depuis le panneau de configuration avant de pouvoir à nouveau les appairer depuis dijit. Il semble donc qu’avec ce smartphone, le beacon n’accepte de se connecter qu’une seule fois au moment de l’appairage. A l’usage, ceci rend l’utilisation du beacon particulièrement pénible, à la limite du supportable. Un reset data factory n’y a rien fait non plus.

Avec un Galaxy S3 sous ICS (4.0.4 version XEF), l’appairage doit se faire là encore depuis dijit pour que la connexion se fasse. A chaque déconnexion, il vous faudra rentrer le code pin du beacon pour que la connexion puisse reprendre (ce n’était pas le cas avec la tablette) ce qui augmente encore le temps avant que le beacon ne soit opérationnel et l’application est uniquement en anglais. Néanmoins la solution reste utilisable au quotidien si vous n’êtes pas trop pressés lorsque vous dirigez vos appareils.

Conclusion :

Le beacon powered by dijit de Griffin est un petit boitier qui vous donnera entière satisfaction si vous avez la chance d’avoir un smartphone qui fonctionne correctement avec. Après une phase de paramétrage qui pourra être longue si vous voulez profiter au maximum des possibilités de ce boitier, vous pourrez ranger au placard les trop nombreuses télécommandes qui encombrent votre table de salon et vous simplifier grandement les manipulations nécessaires aux actions particulières. Ajoutez à cela un prix raisonnable et vous obtenez un accessoire qui frôle le sans faute. Malheureusement, compte tenu des difficultés d’appairages sur de trop nombreux appareils, il nous est impossible de vous conseiller ce matériel hormis si vous souhaitez le diriger depuis une Galaxy Tab 8.9 wifi sous Honeycomb.

Contacté par nos soins pour les problèmes rencontrés, le service technique de dijit dit ne pas avoir réussi à reproduire le dysfonctionnement lors de leurs différents tests (alors que de notre côté, le problème est permanent). Le technicien nous ayant répondu a également ajouté qu’il savait que l’équipe en charge du logiciel travaillait à améliorer les fonctionnalités pour le Galaxy S2 et le Galaxy S3 ainsi que pour Ice Cream Sandwich et qu’un nouveau firmware devrait sortir dans un avenir proche qui devrait solutionner ce type de problème. Bref, le problème n’existe pas mais ils travaillent dessus.

Le fonctionnement semble meilleur avec ICS 4.0.4 qu’avec la version 4.0.3. Nous sommes donc en droit de penser qu’une amélioration devrait arriver soit de dijit dans un prochain firmware, soit de Samsung avec l’arrivée d’une nouvelle ROM. Mais il est urgent d’attendre si vous possédez un Galaxy S2 sous ICS avec la version XEF.

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Et pour conclure, nous vous proposons une petite vidéo du beacon et de son fonctionnement.